Asylus

 

Un cube parfait aux murs d’un blanc éclatant, rembourrés pour ma « sécurité » me servait de demeure. D’une claireté inimaginable, j’avais peine à dormir. Je ne pouvais m’imaginer vivre le reste de ma vie ici, dans cette institution. Pris dans cette camisole de force, on devait me nourrir comme un nourrisson. Cet isoloir dont j’étais le prisonnier allait me rendre cinglé.

Je ne comprenais pas pourquoi j’étais la victime de cette injustice. J’étais un homme d’une banalité ennuyante. Une femme, deux enfants, un chien, un chat, quelques poissons rouges, une famille ordinaire, quoi. Je n’appartenais pas dans une institution comme L’hôpital psychiatrique Douglas. Voyons, je suis un pilote d’avion avec des centaines d’heures de vols sous ma ceinture. Avec une santé comme la mienne. Je pouvais courir un marathon par jour! J’avais des muscles d’aciers et un coeur puissant. J’étais l’homme idéale, parfait. On était jaloux de moi, j’en étais persuadé.

Schizophrène mon oeil, je suis un homme à la santé mentale herculéene! Troubles de la personnalité, c’est sur, ce n’est pas facile d’être un homme parfait comme moi! Maniaco-dépressif, certain, rester enfermé dans cette pièce est dure pour le moral! Anti-social, ben non, ces voix me tiennent companie!

La liste continuait ainsi, me décrivant comme un être agressif et profondément troublé, aux pensées mélangées et incohérente. Les psychiatres l’avaient tout mal! On voit clairement que je suis sain d’ésprit!

– On le laisse là encore pour longtemps docteur? On devrait peut-être avertir sa famille.

– Il n’a pas de famille. On l’a trouvé au coin de St-Laurent et Sanguinet. De toute manières, il ne peut pas s’occuper de lui-même. Il est un danger public.

De quoi parlait-il? Ils sont venus me chercher le soir, dans mon lit. Ma femme les suppliait d’arrêter, mais ils m’avaient quand même enlevé. J’étais certain que ces « psychiatres » avaient une dent contre moi, mais pourquoi?

Je décidais donc de continuer ma routine habituelle histoire de me changer les idées. Je m’étais mis à balancer d’en avant à en arrière, me parlant à voix haute. Que voulez-vous, on devient forcement fou lorsqu’on est traité en sorte!

– Cesse ça gros cons! Tu as l’air maboule.

– Fiche moi la paix, je meurs d’ennuie.

– Quelqu’un c’est réveillé du mauvais pied.

– Non, je n’ai pas dormi depuis maintenant vingt-quatre jours, seize heures et trente-sept secondes, trente-huit secondes, trente-neuf…

– Wow, tu as vraiment perdu la tête!

– Fous le camp!

Elles pouvaient m’énerver des fois ces voix.

La porte s’ouvrit, me laissant surpris. On l’ouvrait seulement pour me nourrir, sois à six heures quarante-sept, onze heures trente-trois et dix-sept heures deux. Il devait être quatorze heures cinq et trois secondes, quatre secondes… « Fait garde, je n’ai pas confiance en eux » dit la voix.

–       Aller, lève-toi! C’est l’heure d’la douche!

–       Qui êtes-vouz? Enlevé vos salles pattes de moi!

–       Vas-y, pique le Jacques.

C’était à cet instant que je perdis connaissance pour me retrouver dans mon subconscient. Subconscient, n’est-ce pas un merveilleux mot? Ce lieux où nos faits et gestes sont controlés. Le lieu où notre imaginaire est roi, où la fantaisie rentre en collision violente avec la réalité. J’avais le contrôle absolu sur cette partie de mon encéphale, ce qui est rare pour le mortel ordinaire.

– Docteur, il ouvre les yeux, n’aurait-il pas peur dans cette piece?

– Mais non, avec une conscience comme la sienne, tout est merveilleux.

– Mais monsieur, il est humain quand meme!

– Peut-être, mais il ne peut pas se contrôler ni faire la différence entre rêve et réalité.

Comment pouvait-il dire cela! Ses mots me frappèrent comme un train à grande vitesse français. Croyaient-ils vraiment que j’étais un handicapé mentale?

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One Response to Asylus

  1. coeurmobile2 says:

    Bonjour! Je viens de lire les 500 premiers mots de ton début de roman et je note sur une échelle de 1 à 5 (5 étant le meilleur résultat) mon opinion sur les énoncés suivants:

    Je trouve ton début de roman original – 4
    Je trouve tes personnages attachants, haïssables ou angoissants –5
    Les dialogues sont vivants –5
    Tes descriptions sont intéressantes – 4
    La narration me plait –5
    J’aime ton style d’écriture –5
    Ton histoire est agréable à lire –5
    J’ai envie de lire la suite! –5

    Mais surtout…

    Voici ce que j’ai aimé : Le contexte de ton histoire. C’est difficile de prévoir la suite.

    Voici ce que j’ai moins aimé : Les petites voix… Elles sont méchantes!

    Voici ce que j’aimerais voir dans la suite : Encore comment le personnage principal pense.

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