14 novembre

Aujourd’hui cela fait déjà 15 ans que ma mère est morte. La vie passe beaucoup trop vite. Il me semble que hier j’étais enfant et que je m’amusais dans le parc a côté de chez moi avec ma maman. Je sens encore son petit parfum doux sous mon nez, ses douces caresses qui me réconfortaient plus que jamais et son joli sourire qui cachait tout les peines qu’elle avait au fond d’elle. Ma mère était quelqu’un de très malheureuse qui ne le montrait jamais et qui me donnait l’impression que nous vivions heureux comme tout les familles de notre entourage, ce qui était loin d’être le cas. Elle avait marié mon père, qui à l’époque, était alcoolique et drogué. À toutes les fois qu’il consommait il n’était pas très gentil avec moi et ma mère. Un soir, je me souviens, nous étions à table pour le souper et mon père était complètement ivre. Un silence inquiétant régnait dans la salle à manger comme quand les deux tours du Walt Street Center s’étaient effondrés. Je savais que quelque chose allait se produire, car à tout les fois que se silence envahissait notre maison c’était pour annoncer une autre terrible crise de papa. Je voyais la peur dans les yeux de ma mère qui se demandait qu’est-ce qu’il allait faire cette fois-ci. Je sentais également les frissons qui montaient tout le long de mon dos et cette sueur froide que je n’arrive même pas à expliquer encore aujourd’hui. C’était l’enfer sur terre. À cette époque, je n’avais que 8 ans, donc je me demandais toujours: pourquoi papa est gentil le matin et le soir lorsque j’arrive de l’école il est en colère après  ma mère et moi? Cette question me traversait toujours l’esprit. Elle était inévitable. Le silence était de plus en plus lourd et de plus en plus insupportable. Tout d’un coups, Papa prit son assiette puis visa maman d’un œil tellement méchant que je me mise à pleurer. Il leva son bras pour lui lancer en pleine gueule puis s’arrêta et me regarda. J’arrêtai immédiatement de pleurer, car quand je pleurais papa prenait sa ceinture et me frapper sur les fesses et les jambes en me disant :

-Il ne faut pas pleurer dans la vie. Les gens qui pleurent ne sont que des faibles!

Mais moi je souffrais quand il me frappait alors je me concentrais et je pensais au bon moment que ma mère et moi vivions quand nous étions seule à seule. Cela me donnait un certain sourire, donc je cessais de pleurer et mon père me lâchait. Je me sentais soulagé, mais je savais que le soir suivant cela allait recommencer de plus belle.

Comme toutes enfants, j’avais un héros. Pour moi, c’était ma mère. Elle me donnait une sorte de courage et de sécurité qui me faisait oublier tout inquiétude et blessure que j’avais sur le corps et surtout dans la tête. J’étais faite comme ma mère, rien ne paraissait. Tout le mal que j’avais était caché dans ma tête pas très loin bien sur, car cela me tracassait toujours, mais je ne laissais surtout rien paraître. J’avais l’aire de la petite fille qui vivait bien comme la plupart des enfants qui m’entouraient. La différence c’est que je n’avais jamais hâte de rentrer à la maison, car je ne savais jamais ce qui m’attendait. 

Je me souviens également le 14 novembre il y a de cela 15 ans jour pour jour aujourd’hui, je revenais de l’école et je n’avais pas passé une très belle journée. J’étais fatigué de la veille, car mon père avait encore trop bu et il était agressif plus que jamais. Ma mère en avait hérité comme à l’habitude et elle c’était faite casser le nez par mon papa qui l’avait frappé contre un mur. J’entendais ma mère crier de douleur et mon père qui riait. Tout ce que je ressentais à cet instant même de mon existence était que de la pitié, de la tristesse, de la colère et de la haine. J’avais simplement envie de prendre mon courage à deux mains et de descendre les escaliers et de venir en aide à ma mère, mais je savais que cela ne ferait qu’empirer les choses et que je me ferais battre à mon tour. Je me rendais toujours à la maison à pied, car j’habitais à deux minutes de l’école. Ce jour-là, il faisait froid et je trouvais que l’ambiance de l’extérieur n’était pas habituelle. Un petit quelque chose me disait qu’il c’était passé une chose d’étrange. Je n’en fis pas un drame, car je n’étais sure de rien. Je continuais à marcher et un petit vent glacial venait caresser mes joues gelées. Je me sentais d’une humeur étrange. C’était une sorte de bonheur et d’anxiété. Je n’arrivais même pas à décrire ce sentiment. C’était comme si j’étais une bernache qui migrait pour l’hiver. J’étais excité de partir, mais anxieuse du long voyage que je devais accomplir au vol sans perdre mes confrères. Je ne comprenais tout simplement pas pourquoi je me sentais ainsi.

Quand j’atteignis le seuil de la porte de ma demeure, mon anxiété monta à son plus fort. Je me mise à trembler de tout les membre de mon corps. J’étais terrifié. Pour ouvrir la porte puis entrer à l’intérieur de chez moi, cela pris toute mon énergie. J’entra, puis je vis mon père assis à la cuisine. Il regardait par terre et tous les membres de son corps semblaient morts. Il leva sa tête puis me regarda d’un air vide. Je ne comprenais tout simplement pas. Je déposa mon sac d’école par terre pis marcha d’un pas faible jusqu’à lui. Il ne bougeait pas et me fixait avec des yeux noirs de haine ou de douceur. Je ne savais pas trop. Quand je franchis la porte de la cuisine mon père me dit :

-Tu sais jeune fille, dans la vie il y a les méchants et les gentils. Moi je n’ai jamais su de quel côté me ranger, car cela me rendait plus fort et plus puissant d’être un homme méchant plutôt que d’être une homme gentil.

Puis il se mit à pleurer. Je n’avais jamais vu mon père pleurer de toute ma vie. Je me demandais pourquoi cela le rendait si émotif. J’étais bouleverser de le voir ainsi, mais j’étais à la fois heureuse, car je me disais que c’était peut-être là qu’il avait compris tout le mal qu’il avait fait subir à ma mère et moi durant toutes ces années lorsqu’il était ivre. Il poursuivit :

-Je suis conscient de tout le mal que je vous ai fait à ta mère et toi et je le regrette rendu à ce stade-ci.

Ce stade-ci ? Mais que veut-il insinuer en disant ce stade-ci. Cela ne me rassurais pas du tout d’entendre ce petit bout de phrase. Quand il prononça ceci je me demanda instantanément où était ma mère.

-Papa, où est maman?

Le stress monta de plus en plus. Mon père qui était assis sur une chaise à pleurer toutes les larmes de son corps, ce n’était pas normal. Quelque chose venait de se produire c’était garantie.

-Papa, où est maman?

Il ne me répondit pas, puis baissa la tête. Il essuya ses larmes en se levant de sa chaise. Je le regardait, mais lui n’avais pas l’aire de me voir. Je répétai ma question :

– Papa, où est maman?

Il pris ma main puis se dirigea vers le salon. Je n’étais vraiment pas rassuré de voir mon père comme cela. Quand j’entra dans le salon je vis ma mère étendue sur le dos, par terre, les yeux fermés. Elle ne bougeait pas. Je me précipitai sur le corps de mon héros qui gisait sur le sol. Elle avait la face en sang, ses bras étaient marqués de coupure et on pouvait voir qu’elle c’était débattue. Je venais de réaliser que les derniers instants passés en sa compagnie étaient la douleur que mon père lui avait fait vivre le soir précédent.

Elle était morte et moi, à partir de cet instant, j’étais devenu seule au monde. J’avais envie d’aller la rejoindre, car la seule famille que j’avais était ma mère et elle ne faisait plus partit de ce monde. J’avais envie de tuer mon père et de le faire souffrir comme il nous avait fait souffrir, mais les émotions prirent le déçu et je me mise à pleurer. J’étais hors de tout les moyens qu’un être humain normal pouvait avoir. J’avais tellement mal que je pensais mourir sur le champ. Mon père était à côté de moi et n’avais aucune émotion. Ces yeux étaient redevenus vide et les membres de son corps moues. Je ne croyais tout simplement pas ce que je vivais. Je ne pouvais pas concevoir que j’avais perdu ma mère et que la seule chose qu’il me restait c’était ce fou, détraqué, psychopathe qui se tenait à côté de moi.

Quand je repris mes esprits, l’envie de tuer mon père était grande. C’était la seule chose qui me trottait dans la tête. Il fallait que j’organise un plan au plus vite…

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