Introduction;
 
1344 rue Jolicoeur, septembre 1994. C’était une journée d’automne glaciale. Les fenêtres de la voiture de papa étaient toutes gelées et le gazon craquait lorsque je posais les pieds dessus. Les feuilles n’avaient même pas finies de tomber que le sol gelait. L’hiver approchait de plus en plus et personne ne l’avait vu venir si vite. Maman disait que l’hiver apportait encore plus de travail à tout le monde puisqu’il fallait se préparer en conséquence de l’hiver. 

Il était 8 :45 AM  précisément, quand je sortis de la maison pour me rendre à un endroit que je détestais énormément. Un endroit où il y avait extrêmement d’humidité, de bactéries et de règlements. C’était très strict chez moi, mais ma mère disait que c’était bien de nous remettre à notre place des fois. J’haïssais l’école! Pour moi, c’était une punition de me lever tous les matins et de me rendre à pied  à l’école. Je n’étais pas encore sortie de l’entrée de la maison que ma mère m’ordonnait d’entrée immédiatement pour me mettre un manteau, mais moi j’étais plus vite qu’elle. Lorsque j’avais tourné le coin de la rue Marnier, je rangeais mon manteau dans mon sac d’école. Le soir, je reprenais la même tactique et ainsi de suite pour tout l’hiver. Le matin, lorsque j’arrivais à l’école le corps glacé, je me rendais à ma case pour ranger mon sac à dos, puis, j’allais rejoindre mes amies. Les journées étaient longues et pénibles surtout lorsque j’avais un cours d’histoire. La professeur, Mme. Fredette, était vieille et grincheuse. Elle n’aimait pas les élèves, en particulier moi. Je n’avais aucune idée pourquoi, mais sans doute qu’elle savait qu’Hélène était ma sœur aînée. Mme.Fredette ressemblait à une sorcière et même que je me demandais parfois si elle en était pas une. L’autre jour, je l’ai surprise en train de réciter une sorte de prière étrange. Elle m’énervait! Par chance, nous avions seulement quatre cours sur neuf avec cette chipie.

Lorsque les journées se terminaient enfin, je me rendais chez moi, mais pas par le même trajet que le matin. Le soir, je prenais un raccourci pour éviter de marcher encore plus. Je passais par un petit boisé qui me conduisait à un champ non loin de la maison. Je n’avais aucune envie de rentrer chez moi et de voir mes parents s’acharner encore sur moi. J’avais l’impression qu’ils étaient toujours sur mon dos et cela me rendais très agressive. Hélène faisait tout pour m’écœurer et moi je mordais toujours à l’hameçon. En plus c’était moi qui écopais de toutes les punitions possibles puisque madame disait qu’elle n’avait rien à voir là dedans. Chez moi la routine était très présente. Tous les jours, le dîner était servi à exactement 18 :15, puis l’heure des devoirs, la douche et finalement le dodo. J’étais en secondaire 3 et je me couchais encore à 9 heures tandis que mes amies eux n’avaient pas de limite d’heure. Mes parents étaient très disciplinés et selon eux le nombres d’heures que l’on dormait influençaient beaucoup nos résultats scolaires. L’autre jour, je me suis fais surprendre à jouer à l’ordinateur à minuit et j’ai été privée de sortie pendant une semaine. J’étais une personne têtue, très têtue alors pour confronter mes parents je sortais par la fenêtre de ma chambre et j’allais rejoindre mes amies dans le parc à quelques pâtés de maisons de chez moi. Malgré toutes mes petites rebellions d’adolescence, j’étais une personne qui avait des ambitions dans la vie. J’aimais beaucoup avoir des objectifs et les atteindrent. Pour moi, ma vie était déjà toute tracée .Enfin je m’étais prit en main puisque après le lycée, je voulais aller au cégep en architecture et pousser mes études encore plus loin à l’université.

Noël arrivait à grands pas et je ne savais toujours pas quoi demander à mes oncles, mes tantes et surtout ma famille.

Mon voisin M.Harisson était très présent dans notre famille. Chaque année, j’avais droit à deux cadeaux, un à Noël et un à mon anniversaire. Cette année, je comptais bien lui en demander un mais encore une fois j’hésitais. Noël était l’occasion la plus précieuse pour nous de voir nos cousins. Ils étaient tous très gentils et je les aimaient bien. La personne avec qui je m’entendais le mieux s’était Alexis. En plus d’être très gentil, il était beau, très beau. Toutes les filles de son lycée étaient complètement folles de lui. Ce qu’elles ignoraient, par contre, c’est qu’il était gay. J’étais la seule personne à qui il s’était confié et nous avions juré de jamais en parlé à qui que ce soit. Il m’avait bien averti que si j’avais le malheur d’en parler à quelqu’un il ne me pardonnerait jamais.

Aujourd’hui nous étions le 27 Décembre et c’était mon anniversaire. Mon signe astrologique ‘‘Capricorne’’. Comme à chaque anniversaire, ma mère me faisait la lecture de mon signe astrologique dans le journal. Je me souviendrai toujours du nom du journal ‘‘Le Devoir’’. Cette année il était inscrit Le Capricorne est ambitieux, travailleur et ne perd jamais de vue son objectif. Mon élément était la terre et j’étais compatible avec le taureau et la vierge. Quelle perte de temps, selon moi, de lire des mensonges de la sorte. Encore une fois, ma mère m’avait organisé une petite fête en famille mais rien de trop gros ou de trop compliquée.

Pas plus de 13 jours après que j’ai eu 15 ans l’école reprenait avec la merveilleuse Mme.Fredette ! L’école nous bombardait d’examens puisque la fin de l’étape arrivait. Le directeur monsieur Larrivée tentait de nous motiver à aimer l’école en organisant un voyage pour 15 personnes à Québec. Wach ! Pour moi rien me motivais à étudier ou, encore pire, faire mes devoirs. Il faut croire que les démarches que j’avais entreprit pour réussir mon année scolaire n’avaient pas durée très très longtemps. Lorsque la journée termina enfin, je me rendis, comme à l’habitude, par le petit boisé qui me conduisait au champ non loin de chez moi. Je fredonnais tranquillement une chanson de Céline Dion au passage Et je t’aime encore, comme dans les chansons banales, et ça me dévore,
et tout le reste m’est égal
lorsque j’entendis un bruit près de moi. Ce n’était pas un bruit de branches qui craquaient ou de feuilles qui tombaient. Cela me semblait être un bruit de personne qui me suit. En effet, c’était M, Harrison! Il semblait vouloir me dire quelque chose puisqu’il se dirigeait vers moi. Mon instinct était bon. M, Harrison me demanda d’aller voir son tout nouveau projet. Il avait construit une cabane dans un arbre. Je trouvais ça un peu étrange qu’il construise une cabane en plein hiver mais il m’expliqua que s’était parce qu’il voulait que l’on puisse jouer avec le plus tôt que possible. J’étais déjà en retard pour le souper puisque j’avais eu du rattrapage scolaire alors je me suis dit que quelques minutes de plus ne changeraient pas grand-chose à la situation.

En entrant dans la petite cabane de bois froide et humide, on pouvait entendre le bois craquer. Il avait un silence total. J’étais épanouie par tout le travail et le temps qu’avait pu mettre Monsieur .Harrison dans cette maison miniature. La première chose que j’aperçu en entrant était un cadre blanc qui contenait une photo de moi et de ma sœur Hélène. Monsieur Harrison m’expliqua que les photos manquantes de toutes mes autres amies s’ajouteraient sous peu. Tout au fond de la cabane, il avait placé une étagère sur laquelle il y avait des jeux. Il y en avait de tout les genres, monopoly, cranium, scrabble, serpent échelle, battlefield et finalement le grand classique, le bon vieux jeu de cartes. Monsieur. Harrison me proposa de jouer a un des jeux en question afin de faire l’ouverture officielle de notre nouvelle cabane. Il commençait à faire noir et je devais me faisais à l’idée de rentrer bientôt à la maison. Mes parents me cherchaient s’en doute mais je me disais que les faires larguer un peu ne leurs feraient pas de tord puisque je trouvais qu’ils n’étaient pas toujours juste avec moi.

Je ne prenais pas toujours conscience de se que je faisais. J’étais innocente. Jamais je n’aurais cru que le temps qu’il me restait à vivre était compté…

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