Et Ensuite…

PROLOGUE

Lorsque je me réveillai, le soleil commençait à descendre vers le sol. Le ciel était d’un rouge chaud, tendre et calme, l’herbe sur le sol dansait au rythme du vent et la température était idéale. Pas trop chaude, pas trop froide. Une ambiance parfaite. C’est en examinant rapidement les lieux que je compris que j’étais situé sur les terres de la famille Beauchamp. Depuis plusieurs années déjà j’aimais bien flâner dans leurs champs. Comme plusieurs familles de l’époque, celle-ci était épouvantablement grande. Elle était constituée de monsieur et madame Beauchamp et de leurs sept enfants: Gérald, Huguette, Gaétane, Robert, Serge, Denise et Michel (en ordre chronologique).

Enfin, c’est en me soulevant le corps comme un paresseux que je me demandai comment je m’étais endormi à cet endroit judicieux. Bien que je ne fusse pas en danger, mes parents devaient terriblement s’inquiéter à ce demander pourquoi je n’étais pas encore à la maison à cette heure de plus en plus sombre.

C’est en regardant le paysage campagnard que je commençai ma marche vers la maison des Beauchamp. Leurs terres étaient vastes et leur maison se situait approximativement à 30 minutes de marche de mon endroit actuel. Nous étions en automne. Les arbres étaient de couleurs terriblement vives. Ce qui me permettait de savoir ma location était le sentier qui zigzaguait le long de la forêt. Aucun sentier au monde n’était aussi finement tracé. Ce qui le distinguait des autres, et de loin. Il me suffisait de marcher le long de la forêt via le sentier et je me retrouvais chez les Beauchamp tout juste avant le coucher du soleil. Je dis bien le long puisque qu’elle était très peu large. Une petite route était située en parallèle à la forêt. Entre les deux, ce situait un vaste champ typique de la campagne. Les Beauchamp y élevaient du bétail. Beaucoup de bétail! Enfin, pour l’époque du moins. Ils étaient connus également pour élevé le bovin le plus tendre et le plus succulent de la région.

Malgré la courte route que j’avais à parcourir, je trouvais le parcourt étonnement long. J’avais faim. Comment de temps étais-je resté inconscient dans la forêt? Je ne le saurai probablement jamais.

J’arrivai finalement tout près de la maison des Beauchamp. Je pouvais y voir de la lumière. Cela me rassura puisqu’ils se trouvaient chez eux et qu’ils n’étaient pas encore endormis. Je n’aurais donc pas été obligé de les réveiller. La porte de la véranda était légèrement ouverte. Je montai l’escalier à deux marches. Sur une table se trouvais un journal. Il y était écrit : Armand Vaillancourt, défait par Arnold Beauchamp. Mr. Beauchamp avait remporté les élections à la mairie quelques mois auparavant. J’entrai donc dans la véranda. La première chose qui me frappa fut la terrible chaleur des lieux. Probablement que Mr. Beauchamp avait allumé le foyer. Les soirs d’octobre peuvent se refroidir très rapidement par fois.

Je cognai trois coups dans la fenêtre de la porte qui menait à la cuisine. Aucune réponse.

J’entrai alors dans la pièce en faisant bien attention de me faire entendre.

– Bonsoir? Aucune réponse.

Puisque personne ne me répondit, j’avançai dans la maison jusqu’au salon. Il était situé l’autre côté du mur de la cuisine. Probablement que les Beauchamp y étaient installé. Je m’approchai et j’inspectai les lieux. Personne n’y était. Comme que j’allais entrer dans l’escalier pour monter à l’étage supérieur, un homme me pris violemment par le bras et m’attacha à la rampe.

Après avoir quitté la maison par la porte à droite de l’escalier, il se retourna lentement vers moi pour que je puisse apercevoir son visage.

Je mourus ainsi

Maurice Vaillancourt

CHAPITRE 1

Ma journée commença brutalement. Je m’étais réveillé à peine quelques heures plus tôt et j’avais déjà entamé une routine rigoureuse. Elle consistait à aider ma mère à la cuisine, me préparer pour l’école et prendre l’autobus. Cela peut sembler être une routine très ordinaire mais j’étais tout de même en charge de la vaisselle. Quelle tâche de malheur!

La vie a donc fait en sorte que je serais l’ainé d’une famille de quatre enfants. En effet, j’avais trois sœurs et un frère. Ma sœur la plus jeune se nommait Lise, la seconde se nommait Paulette et la plus veille se nommait Ginette. Mon frère quand à lui était le plus jeune de la famille. Il avait à peine 2 ans et son nom était Jacques. À cette époque, lorsqu’on était le plus vieux de la famille, on était également celui qui devait s’occuper de ces frères et de ces sœurs. Alors, pendant que moi et ma mère étions débordés  à tenir la maison propre, mes sœurs jouaient aux poupées et mon frère s’amusait à pleurnicher pour que ma mère lui offre une attention particulière. Mon père quand à lui, n’était que très rarement à la maison. Il travaillait dans le milieu de la politique et son travail lui prenait beaucoup de temps. Il était actuellement le conseillé municipale du village. Malheureusement, ce poste ne lui convenait pas suffisamment et c’est pourquoi il nous avait annoncé qu’il désirait devenir maire et qu’il avait soumis sa candidature à l’hôtel de ville.

La vaisselle était maintenant derrière moi. Je n’avais plus mes sœurs dans les pieds et mon frère était suffisamment loin de moi pour que je ne puisse l’entendre chialer. En effet, j’étais maintenant à l’école mais comme on dit, un malheur n’en attend pas un autre… Mon école était occupée par de vilaines sœurs toutes justes sorties du moyen âge. Comme de méchantes sorcières qui gardent un hôpital psychiatrique pour enfants. Une fois, je me suis endormi dans ma classe. Sœur Angèle, mon enseignante, était terriblement fâchée de ce comportement. Tout ce que je sais, c’est qu’elle m’a infligée de nombreux coups de règles sur la main droite. Alors, celle-ci est devenue rougeâtre, rouge et finalement ensanglantée.

–         Alors Maurice, mon cours n’est pas assez intéressant pour toi? Me dit sœur Angèle.

–         Non, seulement il y a des choses bien plus intéressantes qui passent dans ma tête. Lui répondis-je avec arrogance.

–         La paresse est à évité à tout prix. Tu seras puni pour ton attitude déplacée.

C’était maintenant le tour de ma main gauche…

Des histoires du genre, je pourrais en raconter plusieurs. Bref, ces religieuses étaient des êtres détestables et  obsédées par l’autorité du catholicisme.

Lorsque l’école fini, je retournai à la maison comme à chaque jour. Ma mère ne pu s’empêcher, comme à chaque jour, de me questionner sur ma journée.

–         Alors Maurice ta journée, elle était comment? Me dit-elle

–         Elle aurait pu être mieux. Sœur Angèle m’a fait copier la définition du mot respect durant toute l’heure de diner.

–         Qu’a-tu fais pour qu’elle te fasse subir une telle punition?

–         Je lui ai lancé mon efface dans le dos lorsqu’elle écrivait au tableau. Lui répondis-je avec honte.

–         Maurice! On ne fait pas de telles choses.

–         Mais maman, elle ne m’a même pas laissé manger.

–         Alors, mange. J’ai préparé du ragoût.

–         Miam!

–         Maurice…

Le ragoût de ma mère… Que faut-il en dire? Aussi bien mentionner que j’aimais mieux le pudding au chômeur.

Après avoir lentement mangé ce repas de malheur, je quitté la maison pour aller jouer dehors. Ayant des sœurs stupides et un frère trop jeune pour jouer avec moi, je m’amusais en solitude. J’aimais bien aller me promener dans la forêt et me m’y construire des cabanes où je pouvais observer les animaux sauvages. Parfois mes amis Robert et Gaétane venaient jouer avec moi dans ma cabane. Je ne savais pas pourquoi mais mon père n’aimait pas tellement Robert et Gaétane. Il préférait que je m’amuse tout seul.

Je rentrai chez moi environ une demi-heure après le couché du soleil. Ma mère était dans tous ses états.

–         Maurice, je suis si contente de te voir. Je croyais que tu t’étais perdu ou qu’il t’était arrivé quelque chose de mal.

–         Mais non maman. Ne t’en fais pas, je vais bien.

–         Je ne veux pas que tu arrive à la maison après le coucher du soleil, tu le sais bien.

–         Je suis désolé.

Mon père était de retour du travail. Il était assis à la table de la cuisine et il lisait son journal.

–         Maurice, comment c’est passé ta journée? Me demanda-il

–         Il a lancé une efface dans le dos de sœur Angèle. Lui dit ma mère avant que je ne puisse répondre.

–         Pauvre Sœur Angèle! Dit mon père en riant.

–         Elle le méritait bien. Conclu-je

C’est sur ces dernières paroles que ma journée termina. Une journée bien ennuyante, c’est évident. Ses nombreuses journées monotones m’emmenait à me plaindre et à plaindre la monotonie elle-même. Je rêvais d’action et d’événements. Rien qu’un enfant de la campagne ne puisse obtenir. Au moins, je pouvais y rêver. Lorsque je rêvais, je pouvais m’imaginer de nombreuses choses intéressantes et complètement tordues. Par contre, ce soir là, je rêvai à quelque chose de différent. Ce rêve n’avait absolument aucun sens. Cette fois, il était plus comme un ramassis d’illusions sensoriels qu’une aventure. Je rêvais à de la chaleur et à une odeur de mort.

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