Une dernière journée normale

Soudainement, le réveil –matin a sonné puis a forcé George à se lever. << Une autre journée commence>> a-t-il pensé un peu déçu. Il s’était donc levé, et ensuite s’est dirigé pour prendre une douche sans même avoir besoin de penser à ce qu’il faisait.

À vrai dire, sa vie était plutôt mécanique; C’était déjà à peu près six ans qu’il vivait dans le même appartement, avait le même emploi, fréquentait les mêmes endroits différents lorsqu’il sortait, ce qui était assez rare, et rentrait à chaque soir chez-lui, seul, pour s’endormir et ensuite se réveiller de nouveau, juste pour être où il est à ce moment. C’était avec ces pensées que cet homme a terminé sa douche.

Rapidement, il s’était habillé dans son uniforme de travail, qu’il portait avec honte, puis ensuite il avait soigneusement enfilé son manteau en cuir. En sortant de sa chambre, il s’était dirigé pour se rendre à son travail où il passerait les prochaines dix heures de la journée, mais il a resté figé devant sa porte avant de pouvoir sortir de son appartement.

Un appartement qui était en fait d’une grandeur idéale pour ses goûts. Il était composé de quatre pièces, dont la cuisine/salle à manger, le salon (qui était la plus grande pièce dans cet appartement et celle où il passait la plupart de ses nuits et même de ses fins de semaines), la chambre à coucher qui était de la même grandeur que la cuisine, et la salle de bain. En vérité, cette demeure était petite, elle était ridicule, pitoyable même! Mais il n’y manquait rien pour qu’il puisse rentrer chez-lui à chaque soir, écouter un court film ou peut-être deux, et enfin s’endormir.

Mais, ce qui l’avait cloué au plancher était sa propre image qu’il avait vu dans le miroir situé juste à côté de la porte. À ses yeux, il avait l’air comme s’il avait âgé d’au moins une dizaine d’années depuis la dernière fois qu’il s’est vraiment observé. Il a passé au plus quinze secondes à se regarder pour ensuite soupirer et se dire <>. Après cette constatation, il a ouvert la porte et, vite comme l’éclair, il a descendu dix-huit étages d’escaliers. Il faisait cet exercice à chaque matin parce que c’était le seul exercice qu’il faisait, puis il s’est rendu au restaurant le plus connu de notre époque : Mc Donalds.

En rentrant, il a été accueilli par les sourires chaleureux, mais vides, de ses compagnons de travail. Il s’était dirigé vers l’arrière pour passer les dix minutes qui lui restaient à parler à n’importe qui qui se trouvait en pause ou qui, comme lui, attendait encore quelque temps pour débuter.

«Salut Mr. Leduc! Félicitation sur ta promotion, je n’ai pas eu le temps de te parler hier. » Lui avait dit Jessica en l’apercevant.

«Ouais, Bravo!» Lui a crié quelqu’un d’autre.

«Merci Jess, je ne m’y attendais vraiment pas, mais appelle moi George, s’il-vous-plaît. »

«Je suis vraiment contente pour toi. »

«Merci, je suis sûr que toi aussi t’auras une promotion dans pas longtemps mais je dois y aller là, je commence dans deux minutes, bye»

C’est vrai qu’il a eu une promotion la journée d’avant mais ça ne changeait pas grand-chose, il était déjà en une des plus hautes positions qu’il pouvait atteindre à cet établissement. Donc, il a commencé sa dernière journée de travail, sans même le savoir.

Sa journée s’était passée assez normalement, le seul moment particulier était lorsqu’une madame avait rentrée autour de 3 heures de l’après-midi pour s’acheter 12 boites de 10 chicken nuggets. Lorsque George avait enfin terminé sa journée de travail, il ne saurait jamais pu imaginé que dans les prochaines journées de sa vie, tout allait changer. Il s’était acheté quelque chose à manger et avait parti pour retourner chez-lui à une telle vitesse, que c’était comme si sa vie en dépendait.

Lorsqu’il était presque rendu chez lui il s’était rendu compte qu’il avait vraiment faim, ce qui était bizarre parce que ça ne faisait pas plus d’une quinzaine de minutes qu’il avait mangé un repas qui ne s’était jamais prouvé insuffisant auparavant, mais son estomac a eu le meilleur de lui, donc, sans même avoir besoin d’y penser, il avait décidé d’aller à un restaurant qu’il connaissait bien et qui était littéralement 2 minutes d’où il se situait à cet instant. Le restaurant était un St-Hubert, c’était un des restaurants qu’il avait fréquenté assez régulièrement lors de sa jeunesse, et adoré.

Ce petit restaurant, ce même bâtiment pour lequel il se dirigeait, était un des endroits où il avait passé la majorité des plus beaux moments de son enfance. C’était là, au St-Hubert, qu’il avait passé le plus de temps avec son père, Will Leduc. Les mets qui y étaient offerts n’avaient peut-être rien de remarquable pour la majorité des individus qui fréquentaient cet établissement, mais pour George, chaque repas était un petit miracle qui contenaient quelque chose que n’importe quel autre restaurant ne pourrait jamais posséder.

Chaque fois qu’il allait manger à cet endroit, soit pour son dîner, soit son souper, c’était comme s’il se faisait envelopper d’un bonheur inexplicable, c’était une sensation si intense parce qu’il était rappelé d’innombrables souvenirs de temps passé avec son père dans ce restaurant, de temps passé avec son héros. Regrettablement, il y avait un peu plus de cinq années qui s’étaient déjà écroulés depuis la dernière fois qu’il avait osé mettre pied dans cet établissement.

Lorsqu’il s’était rendu là-bas, au lieu d’avoir passé par le service au volant comme il le faisait depuis les dernières quelques années de sa vie, il s’était surpris lui-même en décidant de rentrer dans le restaurant pour manger son souper.

Lorsqu’il avait entré, il avait été accueilli par une serveuse presque immédiatement.

« Bonjour monsieur, une table juste pour vous ce soir? » Lui avait-elle demandée.

« Oui s’il-vous-plaît, cela serait parfait. » A-t-il répondu.

« D’accord, suivez-moi. »

Il avait été assigné une place près d’une famille de 6 personnes qui allaient sûrement être très bruyants. Cela avait eu l’effet de lui déjà faire regretter sa décision d’être rentré, mais il s’était dit qu’il y avait fort longtemps qu’il aurait dû faire cela. Donc, il avait enduré cette soirée qui était comme un moment sorti de l’enfer.

Il s’était acheté le repas qui lui avait été suggéré et une vingtaine de minutes plus tard, lorsqu’il avait terminé son deuxième repas du soir, il avait tout simplement payé et s’était en allé.

Lorsqu’il était rendu dehors, il s’était dirigé vers son automobile, une Honda Civic en assez bon état, et avait parti en direction de chez lui. En prenant en considération qu’il était le propriétaire de celle-ci depuis un peu plus de cinq années, après l’avoir hérité de son père, à la suite de son décès, l’auto n’aurait même pas pu être en meilleure condition.

Son père avait été un homme que George a admiré toute sa vie. Il n’avait été rien de moins qu’une idole pour George lors de son enfance, au même niveau que Superman l’est pour un grand nombre de garçons. La vérité était que le père à George l’avait élevé seul, depuis que George avait eu deux ans, et que sa mère avait décidée de les abandonner.

Son père avait eu la capacité d’être parmi les guitaristes les plus reconnus et même les plus admirés de son époque, tout le monde qui l’avaient connus le savaient. Mais malheureusement, il n’aurait jamais pu réaliser ce rêve particulier en même temps de s’occuper et d’élever son fils de deux ans.

Le fait que sa mère avait laissé son père de cette façon était si injuste et terrible que George ne pouvait que haïr sa mère. Le pire était qu’elle avait fait ceci sans aucun avertissement, elle n’avait donnée aucune explication à personne. Un matin elle avait juste quittée, pour ne jamais revenir. Cet acte de lâcheté de sa part avait détruit, complètement démoli la vie de son père parce que celui-ci reconnaissait qu’il avait des responsabilités envers son fils.

Il avait tout abandonné pour pouvoir s’occuper de lui. Lui, il savait qu’il avait le devoir d’élever son enfant et que dans la vie, il était possible d’avoir besoin de mettre ses propres intérêts, ses propres désirs, même son propre bonheur de côté pour le bonheur de quelqu’un d’autre, surtout si cette autre personne était son propre fils! Du moins, s’était de cette façon que George voyait la situation et il avait tout le respect au monde pour son père.

George avait toujours su que son père avait sacrifié tout pour l’élever et il avait vécu sa vie complète en essayant de ne pas le décevoir. Mais, il savait qu’il l’avait déçu et il n’y avait plus rien qu’il pouvait faire pour changer cela.

Il était presque rendu chez-soi lorsqu’il avait décidé de rendre visite à un ami qu’il avait connu durant toute sa vie. Celui-ci habitait à quelques minutes d’où vivait George, qui avait quand même décidé de l’appeler avant, juste au cas où il était peut-être pas chez lui. Mais il s’était dit que s’il était chez lui, il devait aller lui rendre visite, sans aucune exception. Son ami avait répondu presque instantanément au téléphone:

<<Oui bonjour?>>

<<Allo, David?>>

<<Ouais, comment puis-je vous aider?>>

<C’est George.>>

L’autre bout de la ligne avait été raccroché. George avait regardé son cellulaire si intensément pendant un instant, que ce cellulaire avait eu peur pour sa vie.

 

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