Le Prince Olivier.

C’était un hiver typiquement québécois dans Montréal. La neige y régnait comme le dictateur d’un empire fasciste accompagné des ses alliés : le froid bipolaire, la slush hypothermique, la violente grêle et la glace hypocrite. Ensemble, ils formaient une alliance meurtrière capable de détruire le monde à coups de bombes atomiques. On les surnommait : le mois de janvier. Faute de rigueur, les déneigeurs faisaient la gueule. Ils négligeaient leur tâche de correctement libérer de la neige les entrées privées des braves citoyens, ce qui rendait ceux-ci complètement fous. L’incapacité des gens à sortir de chez eux développait un sentiment d’anxiété majeur sur la population montréalaise. Sans faire d’analyse psychologique approfondie, disons juste que le moral général souffrait de dépression. Sur la Rue Principale, les vitrines pleines de jouets méticuleusement disposés avaient été remplacées par de belles grosses pancartes d’un rouge honteux, rappelant notre société de consommation. Tous se foutaient de l’anniversaire de Jésus. C’était vachement triste.En plus de tout ça, il faisait atrocement froid. On ne pouvait parler sans laisser un immense nuage de condensation s’enfuir de notre bouche comme du feu de la gueule d’un dragon. Le frimas au visage, les narines congelées, les expressions faciales devenaient comiques lors de conversations extérieures.
 
 
Sur ce royaume mélancolique régnait un jeune prince. Son habit d’hiver vert fluo faisait trembler le gazon sous la glace par sa sagesse. Ses chaussures de sport dictaient la loi aux boites à lettres rebelles, et sa tuque, quoique plutôt ridicule avec son pompon et ses couleurs féminines était respectée de tous, sans exception. Les mains virant au rouge de nudité, Olivier marchait dans les rues le torse bombé. Il était le plus puissant. De petites tâches de rousseur ornaient son joli nez, tout petit et délicat. De petites boucles blondes s’échappaient de sa capuche, comme la traînée d’un étoile majestueuse. Ses paupières attristaient son doux visage par leur teinte d’un bleu virant au mauve. Ses petits yeux brillaient de la fougue d’un enfant.Dans les fenêtres, des réunions de sociétés secrètes autour de chaudrons ensorcelés. L’estomac du prince criait à s’en arracher les tripes, mais celui-ci l’ignorait. Il continuait à marcher, le regard détourné des demeures enchanteresses. Olivier guettait au loin sa prochaine quête. Un princesse en détresse, un ogre tapageur, n’importe quoi pour améliorer la situation de son fabuleux royaume.
 
 
Le soleil était couché depuis quelques minutes déjà. Le ciel rosé avait laissé place à un grand vide obscur angoissant. Le ventre d’Olivier était un envol de papillons devant cette liberté que lui offrait la nuit. Un monde nouveau, et sans soleil, venait de prendre place sur la rue St-Louis. Bien que semblable au précédant, Olivier le trouvait extraordinairement beau. La neige brillait comme une montagne de poussière d’étoiles .Les bruits étaient lointains, la vitesse du son diminuée par le gel. Le petit coeur d’Olivier battait à tout rompre dans sa maigre poitrine. Il exploitait son imagination au maximum afin de se trouver une quête digne du prince de son grade. C’était comme si chaques instants de cette soirée étaient uniques et ne se représenteraient plus jamais. Ça aurait été du gâchis de ne pas l’exploiter correctement. Aller chasser les trolls de derrières les panneaux publicitaires du bout de la rue à coups de balle de neige était beaucoup trop ordinaire. Jouer au roi de la montagne était risqué, le Roi n’aimait pas qu’on utilise son titre, même si c’était pour de faux. À la seule pensée du Roi, Olivier frissonna. Il se concentra davantage sur les possibilités de jeux imaginaires qui s’offraient à lui. Une idée passa d’une simple étincelle à un réel feu de forêt dans son crâne.
 
 
 
<<La chasse au dragon>>, murmura-t-il en un souffle. Il fronça les sourcils et plissa les yeux à la manière des chasseurs qu’il avait vus à la télé, quelques heures auparavant. Il était dans un état de concentration que seul Indiana Jones pouvait atteindre. Son centre de gravité diminué, il longeait les bancs de neige qu’avait laissé l’abominable charrue rouge quelques minutes plus tôt. Il sentait la présence de l’être magique. Il était tout près. Son souffle puissant raisonnait dans la nuit comme un moteur sur la route. Olivier, complètement fébrile devant le réalisme de son imaginaire se mit à rire d’excitation. Une crise d’hystérie s’empara du jeune enfant. Mille et un plans défilaient dans sa tête sur la façon la plus efficace et intéressante de tuer la bête. Coups de bâton de hockey, lapidation par boules de neiges, empoisonnement pas consommation de neige jaune… Tant de possibilités s’offraient au à lui. Olivier reprit le contrôle sur lui-même en se forçant à confectionner un abri. Logiquement, c’était la première étape qui permettrait la victoire du combat de son altesse, en tenant compte des contes et légendes traitant sur le sujet. Les méchantes bêtes finissaient toujours la tête tranchée lorsque leur adversaire avait accès à un fort, surtout quand celui-ci était de grande taille. Olivier se mit donc au travail. Il traversa de l’autre côté de la rue, guettant les plus gros morceaux de neige glacés. C’était un véritable igloo qu’Olivier se construisait. Chaque bloc avait été méticuleusement choisis en fonction de sa taille et était répartis à la manière d’un briqueteur professionnel. Le temps pressait : le sol tremblait sous les pas du fauve qui approchait. L’enfant voyait au loin les jets de feu sortir de la gueule de l’animal tels de l’eau sale de la fontaine du Parc.
 
 
Un homme sortit de chez lui en robe de chambre. Paniqué, il courut vers son carrosse mécanique, démarra en un temps trois mouvements et recula pile poil dans la forteresse d’Olivier. Malheur. Le sale con alla se stationner de l’autre côté de la rue, avant de sortir de son gros bolide stupide et de rentrer dans sa saleté de maison. Tout ça, sans même remarquer les larmes qui gelaient sur les joues nues de l’enfant. Le dragon avait gagné d’avance… Sans forteresse, Olivier était perdu. Si un valeureux chevalier avait été à proximité, l’enfant l’aurait sur le champ envoyé chatouiller l’homme à la robe de chambre à mort. Olivier se ressaisit et essuya ses larmes, <<Les princes ne pleurent jamais>>, se dit-il. Le processus était donc à recommencer… du début. En bon prince qu’Olivier était, il se consola en se disant que de toute façon, le fort précédant n’était pas assez joli pour l’y accueillir considérant qu’il ne contenait aucun lance-missile ultra puissant capable de brûler une robe de chambre en quelques dixièmes de secondes.
 
 
Il ré-entreprit donc la construction de son abri, gracieuseté de la Ford de M.Lamontagne. Ses gestes devinrent de moins en moins précis, brusqués par le rapprochement de la bête. Une décision s’imposa à Olivier comme une claque dans la face : soit il restait et combattait comme un homme, ou bien, il prenait simplement ses jambes à son cou et retournait sagement à sa mocheté de vie d’enfant. Non. Olivier n’était plus un enfant, et encore moins un enfant moche. Il fit face au dragon, regardant la mort droit dans les yeux comme un capitaine coulant avec son bateau. Quelques secondes suffirent pour que la bête engloutisse le minuscule enfant et mette fin à cette confrontation visuelle. Le royaume perdit son seul et unique héritier d’un seul coup de mâchoire circulaire.
 
Madame la Reine était depuis longtemps assoupie lorsque deux hommes furent annoncés à la porte par Monsieur le Roi-par-alliance. Plusieurs secousses furent nécessaires à sa Majesté pour qu’elle sorte de son lointain état d’esprit. Gênée par l’état négligé de sa garde-robe, elle se leva de son divan royal, prise d’un haut-le-coeur mêlé d’un royal mal de crâne. Plusieurs minutes furent nécessaires pour que son Altesse retrouve son équilibre. Monsieur le roi était depuis longtemps retourné à ses occupations quelque part dans le palais, ne donnant pas le bras à son épouse chancelante. Un bref coup d’oeil dans le miroir suffit pour que Madame se mette un masque. Une mèche de cheveux camouflant un oeil couleur framboise et le collet relevé cachant sa nuque meurtrie.

 

C’est une publicité annonçant les rabais d’après noël du Canadian Tire qui jouait sur la minuscule télévision du logement visiblement négligé lorsqu’on apprit à Mme. Maltais que son garçon avait été déchiqueté en mille morceaux par la charrue municipale. Probablement avait-il simplement échappé à la vigilance de sa mère lorsque celle-ci avait avalé d’un coup sec les 40 onzes de Vodka que lui avait gracieusement offert son cher batteur de femme. La réaction était inattendue : une flaque de vomissures sur l’immense tapis jaunis de l’entrée, sans aucunes larmes. Bobby apparut au bout des escaliers menant au sous-sol, attiré par l’étrangeté des bruits. <<Fuck Lucie, le tapis tabarnac!>>, dit-il, non, sans aucune tristesse dans la voix.

Les deux policiers dévisageaient les deux abrutis complètement imbibés d’alcool qui se tenaient devant eux, l’un tendant une tuque rose à la soûlonne. Dehors, les lumières des véhicules d’urgence brillaient dans le royaume de la rue Saint-Louis comme une lueur d’espoir dans ce triste monde.

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L’Odysée d’Ophélie et Florent

C’était un hiver typiquement québécois dans Montréal . La neige y régnait comme le dictateur d’un empire fasciste accompagné des ses alliés : le froid bipolaire, la slush hypothermique, la violente grêle et la glace hypocrite. Ensemble, ils formaient une alliance meurtrière capable de détruire le monde à coups de bombes atomiques. On les surnommait : le mois de janvier.
Faute de rigueur, les déneigeurs faisaient la gueule. Ils négligeaient leur tâche de libérer de la neige les entrées privées des braves citoyens, ce qui rendait ceux-ci complètement fou. L’incapacité des gens à sortir de chez eux développait un sentiment d’anxiété majeur sur la population montréalaise. Sans faire d’analyse psychologique approfondie, disons juste que le moral général n’était pas à son plus fort.
Sur Saint-Laurent, les vitrines pleines de jouets méticuleusement disposés avaient été remplacées par de belles grosses pancartes d’un rouge honteux, rappelant notre société de consommation. C’était vachement triste.
À quelques mètres de là, au coin de Rachel et Saint-Denis, un minuscule bloc appartement tenait tête à l’enfer blanc. De grosses briques rouges maladroitement posées ornaient le bâtiment. Les lumières de ses logements brillaient dans la nuit, de façon à convaincre les locataires qu’il faisait moins froid. On voyait, au premier étage, des lumières multicolores, méticuleusement posées par une maman, afin de faire plaisir à un enfant. Tout autour, des flocons de neige en papier étaient collés. Un fausse, mais jolie tempête qui se mêlait harmonieusement au spectacle extérieur. Plus haut, au deuxième étage, une lampe rouge était allumée. Les braves qui osaient marcher dehors s’en moquaient. Ils disait que c’était probablement le lieu de tournage d’un film d’horreur de Série B. Puis ils s’inventaient des scénarios farfelus pour combler le vide que créait cette saison de merde.
Finalement, au troisième et dernier étage, une fenêtre nue, sans décorations, ni couleurs étranges était aveuglée par un immense rideau blanc. À l’intérieur, un jeune couple, à peine adulte. Ils se contemplaient dans le silence, leurs assiettes de spaghetti à peine touchées. Ils s’aimaient, c’était évident, mais l’hiver, probablement par jalousie, c’était installé entre eux.
Il y avait tout d’abord Ophélie, à peine sortie de l’adolescence, encore toute petite et délicate. Ses longs cheveux bouclés blonds étaient rattachés en un chignon maladroit, probablement fait sans attention. Les cernes sous ses jolis yeux verts trahissaient sa fatigue. La jeune fille étudiait en histoire de l’art, matière qui lui était chère au point de quitter son doux confort au sein de sa famille. En effet, lorsqu’Ophélie avait annoncé ses intentions de carrière, son père, craintif, lui avait posé un ultimatum : elle allait au cégep de sa région en science ou elle partait en ville faire ses études sans aucune aide financière . Ophélie était partie le soir même. Pour subvenir à ses besoins, elle travaillait au Musée des beaux-arts de Montréal. Son maigre salaire parvenait à peine à payer ses frais scolaires. Elle tenait solidement son verre de vin à la main, le regard fixé sur Florent, son copain.
Celui-ci était légèrement plus vieux qu’Ophélie, un an ou deux à peine. Il avait rencontré la jolie jeune fille dans un café. Il la trouvait si belle qui était allé lui parler… Pas besoin d’en dire plus. Il était donc là, devant sa soi-disant âme sœur, à la regarder comme si elle n’existait pas. Il était grand et fort, mais avait la délicatesse d’un artiste. Florent était réalisateur. Ses quelques courts-métrages lui avaient permis d’amasser assez pour payer les factures. Il songeait au gouffre qui se rapprochait de jour en jours, de plus en plus creux avec le temps.
Il prit une énorme bouchée de son assiette de spaghetti tiède, puis fit une annonce digne d’un film américain à sa dulcinée.

Ogive Impie et ses 16 ans.

Salut,

J’ai 16 ans, et j’en suis fière. J’ai attendu toute ma vie de les avoir. ENFIN! Je crois que c’est le seul moment de ma vie ou je peux être adulte et enfant à la fois, selon mon humeur. Je peux avoir une opinion politique et me faire border par ma maman en même temps. Que c’est génial! “The best of bothworlds” comme dirait Hannah Montana. Suite aux consignes de M.Sardi, je me suis longtemps questionnée sur les actions les plus extrêmes que je pourrais accomplir face à ma jeunesse ou à ma maturité. Voici donc deux mises en scènes cocasses que je me verrais bien accomplir d’ici quelques temps puisque… Oui, je suis assez jeune ou vieille pour les accomplir. Débutons.

Je crois personnellement être assez vieille pour… Me lever un matin, attraper ma brosse à dents et partir vers les États-Unis avec des amis qui, préférablement, posséderaient une voiture. Ensuite, rouler jusqu’à San Francisco pour assister au Festival “Burning Man”. Là, je parlerais à tout plein d’étrangers, et surtout, je jouerais avec du feu.

En même temps, je crois être assez jeune pour… Appeler un ami le 25 juillet à 4h30 du matin pour lui souhaiter un joyeux Noël. Je me verrais également dessiner sur les murs de ma maison. Je crois aussi être assez jeune pour ignorer la signification de certains mots…”Maman, c’est quoi la sodomie?”

Voici donc, chers compatriotes du secondaire, ce qui conclut mon article.

Merci, et bonne soirée.

 

 

Ogive Impie

Une bouche est un fusil.

Ils viennent par milliers, rapides comme la vie. Ils font chavirer mon masque : mon souffle se noie. Ce froid fait bouillir mon sang, électrocute mes mains. Mon cœur est une bête : elle rugit, attaque et sévit.   Mes jambes, lourdes comme le monde m’empêchent de les fuir, d’éviter le massacre. Ils ne sont plus si loin : ma gorge est un volcan en éruption.   Ils me font face, je ne peux les combattre.  Brûlants comme la lave, ils sortent de ma bouche, aussi violents et lâches les uns que les autres. Ma colère lui frappe le visage comme une gifle. Les mots sont puissants.

« D’la sauce brune à hot chicken »

Salutations,

J’ai récemment assisté à une représentation de la pièce « Sauce Brune » au théâtre Espace libre, près de la station de métro Frontenac, à Montréal.

Cette pièce écrite par Simon Boudreault raconte l’histoire de quatre femmes qui travaillent dans la cafétéria d’une école secondaire et de leurs vies minables. Les dialogues de la pièce sont principalement constitués de jurons purement québécois qui illustrent ce gros trou remplis de vide d’une partie de la population d’aujourd’hui par le manque de profondeur de leurs paroles et la pénurie de « vrais » mots.

J’ai beaucoup aimé cette pièce pour plusieurs raisons, que je désire numéroter afin de faciliter la compréhension du lecteur.

1-      Mon amie y jouait. J’ai bien aimé pouvoir constater l’ampleur de son talent.

2-      Je me suis vue demander d’être bénévole pour une soirée bénéfice où toute l’équipe était. J’ai donc pu discuter avec les créateurs de ce chef-d’œuvre, et en apprendre un peu plus sur le monde du théâtre.

3-      J’ai été voir cette pièce avec une amie que j’apprécie particulièrement, le jour même de mon anniversaire. Les conditions étaient donc favorables à l’appréciation de cette pièce.

4-      J’ai trouvé le concept de la pièce très intéressant. L’utilisation des « sacres » a eu l’effet désiré : celui de choquer. On s’y habitue et, en sortant de la salle, on est porté à utiliser ces mots interdits.

5-      C’était assez divertissant et comique, sans aucunes longueurs.

C’était donc l’activité culturelle que je voulais partager avec vous, Ô compatriotes scolaires.

Bonne soirée.

Ogive Impie

Ma prof de sciences.

La tâche d’écrire un de mes secrets sur un site ouvert à tous fut difficile, considérant que celui-ci  risque d’être lu par les gens concernés. Voici donc un petit secret inoffensif.

C’était au début de mes études secondaires. J’étais assise en classe avec à mes côtés une de mes consoeurs. L’idée me prit de faire rire cette dite consœur. Je lui écrivis donc une devinette sur un petit bout de papier (puisque nous ne pouvions point parler). Voici la devinette : « J’ai des cheveux frisés, je porte de drôles de vêtements, j’ai un maquillage « clownesque » et je fais un peu peur à certains ». La réponse de mon amie était prévisible : « Un clown? ». Je lui répondis donc, toujours par écrit : « Mais non! C’est l’enseignante! ».  Je voulu mourir lorsque l’enseignante mentionnée sur le bout de papier vint me voir, la main tendue vers la forme matérielle de ma méchanceté. C’est à ce jour précis que j’appris à faire des yeux doux en battant des cils pour me sortir de ce fichu pétrin. « Non madame, c’est rien! », lui répondis-je, l’air d’un ange. DIEU MERCI! Elle me fit un petit sourire l’air de dire : Quelle sage enfant et partit.

C’était mon petit secret.

Au plaisir de lire les vôtres!

Ogive Impie

Les peaux de lièvre – Tricot Machine

T’as les joues rouges, boréal
Tes couettes noires virent au blancs
comme l’asphalte
Ils tombent des peaux de lièvres sur Montréal

On s’éclipse du party
la neige glisse sur nos pieds
les flocons dansent doucement
dans le vent
mais ce n’est pas la faute du temps
si je frissonne

Et nos mains se repèrent
Et nos coeurs s’accélèrent
On ne se dit rien
et pourtant
on se comprend

Sous les premiers murmures
de l’hiver
le désir nous harcèle
on court par les ruelles
ça fait tellement longtemps
qu’on s’attend
La nuit s’annonce chaude
et si belle

T’as les joues rouges, boréal
Tes couettes noires virent au blancs
comme l’asphalte
Ils tombent des peaux de lièvres sur Montréal